CARNET DE VOYAGE (3) Damien
Par Damien, vendredi 18 août 2006 à 17:42 :: ROAD MOVIE (FR) :: #50 :: rss
Vendredi 18 Aout
On prend le train pour terminer la séquence de la veille, encore une petite distance dans un train qui s'arrête tout le temps pour que les cheminots descendent barrer les routes eux même avec des drapeaux et aussi pour qu'ils remontent... jusqu'au prochain croisement...



Cette séquence dans le train devrait être bien, il fait beau et le decors est varié par des plaines et des forêts, dans le train Arnaud joue bien le décalage d'un départ triste alors qu'autour de lui il y a des familles et des enfants qui jouent et se réjouissent de leur vacances... Mais on se pose toujours autant de questions, et l'on est de plus en plus persuadé avec Choi que la première séquence du film qui est la séparation avec sa femme et sa fille sera très importante pour donner une vraie tonalité aux déambulations silentieuses de notre personage. Nous devions tourner cette séparation juste avant nôtre départ mais Pascal nous à mi le doute sur l'importance de cette séquence... en sachant qu'il était toujours possible de la refaire au retour nuos avons donc axé le tournage sur l'essentiel : les rencontre et le périple de la France à l'Islande en passant bien sur par l'Angleterre et l'Ecosse.
Pour l'instant toutes les occasions de filmer sont bonnes, mais nous ne faisons toujours pas de vraies rencontres, Choi semble avoir les idées un peu brouiller, en tout les cas Arnaud et moi n'arrivons pas vraiment à lui proposer des choses. Je fais de mon mieux pour assurer la meilleure qualité d'images possible en suivant ses indications mais je ne sais pas trop ce que l'on pourra faire de tout celà... Nous somme en rodage, et il faut rapidement que l'on trouve le bon rythme, même si le trio marche très bien et que l'on passe de très bons moments tout les trois.
On fera encore du stop deux fois ce matin là, pour parvenir dans un petit village qui prépare un festival de musique classique. Nous somme encore loin d'Aurillac et le festival se termine le lendemain...


Le village ne nous inspire pas trop, on mange quand même un bout et nous voilà encore sur le bord de la route... on cherche un bon emplacement bien visible, où les voitures peuvent s'arrêter et on reprends la psychologie de l'autostoppeur... Il y en a qui ne vous regarde même pas, ceux qui vous aurais bien pri mais qui ne peuvent pas (de toute façon ils ne nous auraient pas pri mais la ils sont rassuré, ils ne peuvent pas !) il y a aussi ceux qui font pleins de signes pour vous dire qu'ils vont ailleurs et d'autres qui passent en se disant "c'est con j'aurais pu le sprendre les pauvre personne ne les prendra jamais"... Arnaud et moi regardons passé une twingo blanche, une jeune femme au volant, nous avons eu la même impression : dans deux kilomètres elle va regreter... Moins d'une minutes lpus tard, la revoilà, elle a fait demi tour pour nous prendre... alors si je m'attendais à ça ! Ele accepte que l'on film et de ne s'adresser qu'à Arnaud (Noël dans le film) Elle s'appelle Marie-Cécile mais elle préfère Marie, le plafond de sa voiture est couvert de carte postales et différent tracte ou place de spectacle... son univers nous plait bien.
La discution s'engage, petit à petit, les premiers echanges parlent forcément de pourquoi tu es filmé, où tu va comme ça, et en fonction Arnaud laisse planer le mystère ou non de sa destination mais aussi de sa fin proche... Au début Marie et Arnaud parlent de voyage et de choses simples, Marie est une fille interessante et sa personalité apporte beucoup à la conversation ; Arnaud est souvent encore trop concentré sur son personage et n'arrive pas toujours à se libérer du contexte, mais il en résulte un personage troublant et attachant, que les gens essaye de "percer"... Petit à petit la discussion se précise et le caractère très particulier du voyage d'Arnaud qui ne sait pas vraiment où il va met la puce à l'oreille de Marie , Arnaud fini par rentrer dans le vif du sujet et lui avoue qu'il ne lui reste que quelques semaines à vivre... Marie est tout de suite très touchée, chamboulé presque, elle retient ses émotions. Moi qui suit juste à coté d'elle je peux sentir et voir qu'elle est très émue... elle nous raconte qu'elle est en direction de Montpellier pour faire une siorée en l'honneur d'un ami qui vient de mourrir, l'émotion monte encore, elle cache des larmes qu'elle ne laissera pas couler. On essaye de décompresser l'atmosphère, on est peu être aller trop loin, Marie à l'air d'être quelqu'un de très fragile, elle viens de se confier comme si elle en avait besoin, elle ne semble pas croire au hazard et s'etonne encore d'avoir fais demi-tour pour nous prendre... Choi juste à coté d'Arnaud se sert de l'ardoise pour lui faire passer des infos. Choi demande à Arnaud d'inviter Marie à boire un verre, et lui écrit : tu va tout lui raconter et lui dire la vérité... C'est une question que l'on s'est beaucoup poser avant de partir, faut-il raconter la vérité, beaucoup de personnes semble s'offusquer que l'on "trompe" la situation en plaçant un comédien et une caméra pour filmer du réel... Marie nous à donner des choses qu'aucun comédien n'aurais su donner, elle était elle même et surtout il se dégageait une emotion sincère et touchante qui ne peut etre jouer. Dans notre démarche, nous avons prévu d'expliquer à chaque personne filmée le contexte de nôtre film mais celà uniquement quand on serait sûr d'utiliser la séquence, et surtout après qu'il y ai eu plusieurs mois voir même un an (le temps du montage) pour ne pas brusquer, pour que les gens aient le temps de digérer l'expérience et qu'il puissent accèpter cette réalité. Notre intention reste sincère et aussi fou que celà puisse paraitre, il s'agit d'un échange... mais retournons à Marie...


Nous sommes autour d'un verre Arnaud lui avoue tout simplement qu'il est comédien, à notre grande surprise Marie saute de joie et de soulagement, tout le monde se sent mieux, elle l'a très bien pris et est réellement rassurée pour Arnaud... On se rend compte que Marie est une rencontre très importante pour nous, pour ce qu'elle viens de donner comme emotion ainsi que pour sa personalité... celà nous rassure sur notre démarche et nous invite à continuer.
Nicolas lui demande si on peut l'accompagner à Montpellier, pour prolonger la rencontre... elle accepte. Le trajet vers le Sud durera plus de cinq heures car nous nous arrêterons régulièrement pour filmer sur une aire d'autoroute ou dans un petit village médiéval qu'elle voulait nous montrer.

Elle nous hebergera dans une grande maison familliale, où nous aimons particulièrement la cuisine qui est dépourvue de tapisserie, et dont les murs sont recouverts de dessins, et de messages graphités. Il est déjà une heure du matin, Choi et moi profiterons de la télé pour regarder les premiers rushs jusqu'à trois heures du matin...



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