Pourquoi mourir folle ? Vivre folle, je comprendrais.
John Dos Passos - Lettres à Germaine Lucas-Champonnière

Les falaises ont la couleur de la joue d'un abricot qui est vers le soleil. Les ombres sont d'un bleu foncé. Les oliviers sont bleu comme la fumée du bois vert. Les citronniers sont d'un vert de bronze, de leurs petites fleurs d'un blanc de cire, donnent une odeur fraîche et puissante, lourde de nard, avec un petit gout frais de la mer, qui vous rôde de tous côtés et vous transporte vers des nirvanas douces et verts.
John Dos Passos - Lettres à Germaine Lucas-Champonnière

(Au Chateau de Mazan)

On ne pourra jamais vivre assez fort pour savourer toute la sève du printemps. On a la terreur de ne pas pouvoir courrir assez vite pour rejoindre les baccanals de la vie renaissante si on a trop rêvé sur le bord du chemin. C'est comme quand j'étais très petit et mes parents me laissaient à la maison pour sortir quelque part, et je m''asseyais très tristement à la fenêtre, étourdis, atterré par l'idée de tout ce qui se passait là-bas, par tout ce que je ne verrai jamais.
John Dos Passos - Lettres à Germaine Lucas-Champonnière

C'est le fameux mistral. Un vent qui vous donne un appétit terrible - gargantuanne. Je mange mon petit déjeuner, hélas bien trop "petit" en regardant les nuages blancs qui courent au dessus des toits jaunes d'Arles, poursuivis par ce féroce mistral, que je peux presque voir, un bonhomme aux joues bouffies, comme dans un relief antique.
John Dos Passos - Lettres à Germaine Lucas-Champonnière

Et la vie est un rituel tres compliqué, arrangé par des petites vielles dames mortes dans des siècles petits et vieux.
John Dos Passos - Lettres à Germaine Lucas-Champonnière

C'est effrayant comme vous êtes toujours entourée de gens. Effrayant pour moi, qui m'étourdis toute de suite si j'essaye à parler à plus de deux personnes à la fois. Certes je ne suis pas fait pour briller dans les salons entre le doux tintements des cuillères à thé. (...) Il y a plus de communion dans le regard d'un inconnu qui passe dans la rue que dans toute une salle pleine de cordialités formelles.
John Dos Passos - Lettres à Germaine Lucas-Champonnière

Si seulement il pouvait venir un grand vent pour nous balayer tout cela - toute cette peur de vivre. Il y a tant d'esclavages essentiels, que c'est un peu fort d'être esclave aux idées des valets de nos grandspères.
John Dos Passos - Lettres à Germaine Lucas-Champonnière

Le démon dit ce qu'il sait, l'ange sait ce qu'il dit.
Ciels - Wajdi Mouawad