Quelques images du tournage pour vous donner l'eau à la bouche...

Sur l’écran, le domaine de la maison d'Amphitryon se situe sur une île. Il est vu comme une terre promise. Là-bas, les Dieux font la fête avec les femmes des hommes en se moquant d'eux.

La scène est un lieu intermédiaire, un no man's land flottant sur lequel les humains ont parfois tendance à vaciller. A Cour et Jardin, les murs sont une frontière vivante, un passage d'un monde à l'autre, entre la réalité des humains et l'irréalité des Dieux qui prennent leur apparence. Amphitryon est un Ulysse empêché par un Mercure / Neptune de rentrer chez lui, où l'attend une Alcmène / Pénélope qui l'a déjà trouvé ! La séduction des femmes est à l'égal de la grandeur des Dieux même si ceux-ci conservent quand même le pouvoir final.

La pièce commence une nuit...

Tout flotte. Tout change. Rien n'est définitif. Les hommes voient ce qu'ils prennent comme des reflets d'eux-mêmes. Les femmes piégées et les hommes dupés par les Dieux cherchent à distinguer le vrai du faux, le moi véritable du double.

Dans le même parallèle fait précédemment avec L'Odyssée, le dernier vers de la pièce : " Le meilleur est de ne rien dire. " est identique au " Silenzio ! " du Mépris. La Nuit est rendue au mystère de la Nature par une déesse de la sensorialité suprême qui peut brouiller les pistes ou dévoiler un langage secret..

Et puis une petite vue sur les répèts avec Mercure (Etienne Brac) et Sosie (Béatrice Avoine) :

Enfin, une critique de l'époque de Molière :

Lettre du 21 janvier 1668.

-Représentation d’Amphitryon devant le roi :

En cette Saison, peu sacrée,
Mais toute aux Plaisirs consacrée,
Les Divertissements de Cour
S’y recommencent chaque jour.
Lundi, chez le nonpareil SIRE,
Digne d’étendre son Empire
Dessus toutes les Nations,
On vit les deux AMPHITRYONS,
Ou, si l’on veut, les deux SOSIES,
Qu’on trouve dans les Poésies
Du feu sieur Plaute, franc Latin,
Et que, dans un Français très fin,
Son digne Successeur, MOLIÈRE,
A travesti d’une manière
À faire ébaudir les Esprits,
Durant longtemps, de tout Paris.
Car, depuis un fort beau Prologue,
Qui s’y fait par un Dialogue
De Mercure avecque la Nuit,
Jusqu’à la fin de ce Déduit,
L’aimable enjouement du Comique
Et les beautés de l’Héroïque,
Les Intrigues, les Passions
Et, bref, les Décorations,
Avec des Machines volantes,
Plus que des Astres éclatantes,
Font un Spectacle si charmant
Que j ne doute nullement
Que l’on n’y courre en foule extrême,
Bien par delà la mi-Carême.

Je n’ai rien touché des Acteurs,
Mais je vous avertis, Lecteurs,
Qu’ils sont en conche très superbe
(Je puis user de cet Adverbe)
Et que chacun de son Rôlet,
Soit sérieux, ou soit follet,
S’acquitte de la bonne sorte ;
Surtout, ou qu’Astarot m’emporte,
Vous y verrez certaine NUIT
Fort propre à l’amoureux Déduit,
Et de même certaine Alcmène ,
Ou bien sa Remembrance humaine,
Qui vaudrait bien, sans en douter,
Qu’un Remembrant de Jupiter,
Plein de ce feu qui le cœur brûle,
Lui fît un Remembrant d’Hercule.

Et puis, allez ! petits veinards, une petite vue sur la création des costumes...