/ pour le film LE FUTUR INVISIBLE







Un road movie sans imprévus, sans galère, ça ne serait pas un road-movie. Inondations monstrueuses, lignes ferroviaires coupées, planning à la dérive, aventures sacs au dos... c'est parti !




Lundi

Je traite une vieille bourge chignon-tailleur-lèvres hyper rouges qui me cherche des poux d'emmerdeuse. Cool. Le chauffeur du bus ne connaît manifestement pas la route et se perd sur des ronds points improbables. Surréaliste. A côté de moi une jeune française qui a vécu en Allemagne change de pays pour aller apprendre l'espagnol à Madrid.

Barcelona Sants un mélange de gare et d'aéroport avec l'ambiance d'une gigantesque station de métro internationale bondée.

Le chauffeur de taxi a l'allure d'un gars de série télé.

MASS TOURISM KILLS THE NEIGHBOURHOUD

Bus, cette fois ci prévu pour rejoindre San Feliu. Devant moi une fille seule regarde ses photos très personnelles en sous-vêtement chics et sobres très mignons. Sur la rangée d'en face, un peu derrière moi cette fois-ci, une autre fille seule qui a enlevé ses shoes pour mettre ses pieds sur le siège libre. A part ça, que des personnes âgées dans ce bus très moderne qui roule sur une autoroute suburbaine toutes lumières intérieures éteintes.

Je cherche, chargé, sous la pluie. Rues désertes. Je cours dans la nuit pour rattraper une voiture qui va partir avec deux femmes à l'intérieur qui s'enferment en me voyant arriver dégoulinant et articulant bien fort CALLE-PRESIDENTE-LLUIS... ?

Alors que je suis dans le Cosy Loft With Own Garden and View, Gérard m'amène une soupe au chou qu'il me présente gentiment comme une soupe miso. Je viens de prendre une douche. J'ai juste une serviette autour de la taille.

Mardi

La rencontre avec Cul d'Oursin à Leucate ! Direct, il l m'emmene à fond avec son bateau ; il a posé des cordes bleues et immergé des amphores remplies de gingembre dans " le parc du baiser : Vénus " de la poésie marine, huîtrière, méditerranéenne. Le Tabarly sauvage des huîtres ; pour sa cabane de dégustation il a déversé un épais tapis d'huîtres séchées sur lequel reposent de grosses tables en bois ; splendide de simplicité et d'authenticité. Un grand moment ; je reviens avec lui d'un long voyage. Il me met 4 énormes huîtres qui remplissent à elles seules une bourriche avec un mot pour son ami cuisinier 1 etoile sur la falaise que j'irais voir depuis La Franqui en suivant les indications de mon GPS qui me fait passer par une minuscule route en serpentin par laquelle la voiture passe à peine entre des murs de pierres sèches et grises: " Alex, peux-tu faire goutter un truc "magic" a Pascal ? Merci ". Splendide.



Cul d'Oursin


La Franqui Grande maison en bois avec immense terrasse au-dessus de la lagune.

Mercredi

Sète avec Aimé. Je passe à la Pointe Courte.

Et pour la verve méditerranéenne dans toute sa splendeur ! Sète : __Robert Combas__


Jeudi

Montpellier Dans le bâtiment Pierres Vives de Zara Hadid, une étudiante photographie pour sa thèse des documents du XIXème sur les femmes en prison. J'ai Filip au téléphone. Quand je sonne, c'est Olivier qui me répond "2 minutes", j'attends... Il revient à ĺ interphone et m'ouvre. C'est un coiffeur ; ils ont refait pendant 6 mois l'appartement qu'ils ont acheté il y a un an en quittant Paris pour Montpellier et maintenant, Filip qui parle anglais s'occupe entièrement de la chambre d'hôte. Je repars tourner ; je mange à La Panacée ; quand je rentre Filip m'accueille ; on dirait un Bobby Lapointe jeune ; il était chanteur ; enfin, il a auto produit deux albums puis a jeté l'éponge, ce que m'avait raconté Olivier mais motus. On boit ce qu'il appelle du thé rouge et qui est en fait de l'alcool de poire dans lequel ont macéré des pétales de fleurs rouges... Il ne sait plus lesquelles. A minuit et quart, il appelle sa mère pour lui demander. "Tu dormais devant la télé hein ?!! Sa mère ne sait plus : il regarde en même temps sur Internet et trouve. "Bonsoir maman, je t'aime" Je vais prendre une douche ; la chaîne se déclenche avec la lumière ; c'est le dernier Ibrahim Maalouf puisque Carole avait indiqué que c'était ma musique préférée. Le lendemain au petit déj dans cet endroit qui s'appelle " une chambre, un sourire, un petit déj" confitures de la maman, miels au citron, à la noisette... La chambre marche bien de manière régulière ; ce soir 3 filles russes me succèdent ! (oui Filip et Olivier attire principalement une clientèle féminine)

La Panacée Café
FB La Panacée

Vendredi

Rencontre avec une "deutsche mobile" au Peyrou. Je retourne manger à La Panacée à midi, et le soir ; formidable. Puis vais dormir dans ma suite de Mon jardin en ville.

Samedi

A Lattes je m'arrēte faire des courses dans une poissonnerie au top : vin blanc de Lunes, huîtres, couteaux cuisinês avec ail et persil, petites crevettes grises...

Michèle et Philippe. Un baroudeur qui a traversé le Sahara d'Est en Ouest seul avec deux chameaux (9000 kms). Combien de choses peut-on vivre dans une journée ? La rencontre avec Cul d'oursin ou la visite à mon ami Guy Marconnier, grand cavalier, spécialiste de la corrida, dans son mas avec ses chevaux et ses calèches entouré de taureaux avec toute la vie tauromachique qui va avec, les tableaux de sa femme... sont des voyages qui déplacent le temps hors de sa durée vécue. J'aimerai relater tout cela dans les moindres détails.

Dimanche

Passage imprévu près du village du Cailar pour voir Guy et sa femme Sylvie dans leur fabuleux mas. Sortie en calèche sportive avec ses deux très beaux chevaux à l'attelage ; galop dans les vignes, virage en épingle à cheveux et en dévers au trop sans ralentir sous l'oeil des taureaux camarguais et espagnols (ce ne sont pas du tout les mêmes...) Milles choses à raconter !

Ce dimanche soir je suis dans ma cellule de moine de la cité Le Corbusier à Luminy, Marseille.

Lundi

Je prend la navette du Frioul - l'Edmond Dantes - et j'arrive sur le Liberté III. Je fais connaissance d'Édouard, de Dédé et Lionel ainsi que d'un montréalais anglophone. Dédé, musicienne très libérée qui a été prof de musique, pianiste, a également appris la batterie, fait parti de différents groupes, est un personnage haut en couleur à l'unisson de cette goélette sur laquelle flottent les drapeaux de pirate et où l'on mange dans le carré qui recèle une bibliothèque marrante et originale sur la piraterie évidemment. Comme dans les films.

On finit la soirée au rhum arrangé tiré directement au tonneau de la cuisine.

Mardi

Je reprend la navette de 8h15 pour Marseille avec Edouard cette-fois-ci... et Dédé qui a fini par se lever. Au CNSDM je rencontre Réjane qui a dansé à OffJazz Nice où je serai après-demain, puis Silvina la prof de danse avec Julia, Mélanie, Clara, Monique, Blanche, Ayaka et Letizia, les danseuses. A midi, je retourne au WAAW ouvert aujourd'hui. Je m'assoie d'abord dehors à la table d'un type qui semble partir ; toutes les autres tables étant occupées. Au moment de payer la note, le gars qui fait le service me paye le café et me dit que le type de dehors a règlė mon verre... Re-Luminy pour l'Ecole d'Archi, re-le port pour le Sofitel...

Le soir je monte au village de Bormes les Mimosas : sandwich aux truffes. Je redescend : soupe lait de coco aux crevettes et bière au thé vert.

Mercredi

...Émilie est une mère de famille accaparée par deux enfants... Comme Béziers où j'ai fait un détour pour ne faire que passer finalement, je n'aime pas Saint-Raphaël.

Jeudi

Nice Rendez-vous avec Martine, après s'être de nombreuses et longues fois parlés au téléphone. 12 danseuses et deux danseurs m'attendent. Nice est une ville magnifique peut-être trop. On sent la proximité de Monaco. Décidément je crois que je préfère Marseille, de plus en plus belle, et son caractère brut. Le soir je dors chez Amy à la guitare et Clémence au ukulélé qui sont deux étudiantes en mastere de psycho option médiation artistique. Ces sirènes de mon voyage me chantent une chanson qui m'enchante pour m'endormir.

Vendredi

La porte est ouverte et une femme de ménage italienne se démène ; Sara arrive avec un BookAir sous le bras. Grande piscine à débordement sur le village et le port de Cap d'Ail. Demain Ecovillage de Torri Superiore, perdu dans la pampa italienne des montagnes. J'adore ce genre de contraste. Sur le rocher, au Pavillon Bosio, l'école des beaux-arts de Monaco, Tania a un visage mixte asiatique-algérien, Naomi vit à Nice qui est à 1h30 de transports en commun et n'a pas de Sécurité Sociale.

Samedi

Je tombe sur un couple très sympa qui vient faire du snorkling sur la spiaggetta dei Balzi Rossi. Nous sommes seuls. Anissa est une suisse algérienne à qui je fait lire le poème et qui apprécie ; elle me dit revivre quelque chose de ses origines méditerranéennes. A Torri Superiore, le village et ses habitants sont dans une ambiance communautaire très agricole très sympa, portes grandes ouvertes.

Ecovillaggio Torri Superiore
FB Ecovillaggio Torri Superiore

Dimanche

A Gênes l'autoroute traverse tout le port sur une trémie. En dessous ambiance poubelles entre touristes sur les quais et réseau serré des ruelles de la vieille ville de Christophe Colomb. Au dessus l'avenue Garibaldi rassemble de manière très concentré quatorze palais exceptionnels. Au Palazzo Duccale, ensemble aux dimensions incroyables : expo Frida Khalo et Diego Rivera. Je n'ai pas le temps hélas, comme je n'ai pas eu le temps de visiter le nouveau musée Cocteau de Rudy Ricciotti à Menton !

MuséeCocteau
Palazzo Ducale ; Frida Kahlo

Pour faire court je n'ai pas relaté les imprévus de chaque jour et le détail de chaque rencontre - ça c'est dommage ! - tant il y en a eu, intenses, dans le partage de vrais moments de vie, ou de simples moments, sur le coup bien galères, comme le temps passé à chercher un troupeau de chèvres entre les éoliennes....

Qu'importe notre vie pleine

d'importances sans importance,

d'obligations sans importance,

de grandeurs sans importance,

et d'insignifiances en importance!

Lundi

Dans le TGV du retour je rencontre Lola qui me dit : - Le futur, c'est forcément invisible, non ?