Envie de pleurer. En pensant à la façon dont nous faisons vivre nos enfants et en voyant ce qui est offert ici. Soudain, plus de voitures ou presque. Donc plus de trottoirs. Des vélos. Une nature luxuriante omniprésente. Des près. Des chevaux. Des écoles alternatives dans les bois. Des cabanes. Des vergers, des potagers. Des jardins partagés. Des arbres centenaires. Une rivière à l'eau cristalline. Du silence. Depuis combien de temps n'avais-je pas vu ça ? Nous ne sommes pas dans la campagne, et puis si, mais en ville. On ne sait si la végétation descend des immeubles ou si elle y monte. Elle vit à l'unisson des habitants. Ils cultivent chaque terrasse, avant-toits et balcons. On dirait que la ville elle-même est une thérapie. Je parle de ville mais il s'agit plus précisément d'un quartier, immense, dans une ville qui n'est pas en reste en matière d'écologie, noyée dans les arbres, les vignes, les pistes cyclables et la Forêt Noire alentour. Dans ce quartier, aucune barrière, aucune clôture. Des haies, des bosquets. Quatre étages maximum. Toits et façades végétalisés. Des couleurs. Des constructions en bois. Des espaces utilitaires semi-public en transition imaginative. Une grande diversité architecturale est née d'un Forum militant, de plateformes d'interaction et d'intégration. Vie communautaire, exubérance et richesse citoyenne sont à l'image de cet environnement partagé. Épanouissement individuel dans un collectif expérimental. Comme dans la nature, la fécondation a lieu dans un creuset d'épanouissement générant un enchevêtrement complexe et cohérent, une forte densité invisible. Air pur. Sobriété et abondance. Une harmonie généreuse. Comment est né tout cela ? De la mobilisation, de la contestation, de l'appropriation et de la rénovation de quatre bâtiments militaires désaffectés au lieu de leur démolition. Mais avant, il y a eu l'opposition à la construction d'une centrale nucléaire dans un village viticole en 1975, et, suite à l'accident de Tchernobyl en 1986, l'abandon par l'Allemagne de la production nucléaire d'électricité. Plus tard donc, en 1993, avant que la ville ne le fasse, des squatteurs libertaires en roulottes et des étudiants sans moyens, en butte à la crise du logement, rachetèrent alors quatre des anciennes casernes et le terrain avec un projet d'habitations autogérées. Initiative Indépendante d'auto-habitat, SUSI. Forum Vauban. Coopérative de construction Genova. Ont suivi associations citoyennes et coopératives d'habitants. Le Projet expérimental de lieux d'habitations sur roues. Le Village d'Étudiants avec la rénovation de quatre autres baraquements pour 600 chambres. Diversité des modes de vie et valeurs communes. Les rues sont devenues des rues pour jouer. En 2002, 2700 personnes vivent à Vauban. En 2008, 5500 sur les 38ha de la zone. L'énergie solaire est produite sans limite sur les toitures. Récupérée aussi dans le sol. Recyclage des eaux usées. Exploitation des eaux de pluie. Réutilisation des matériaux. Sur une colline, l'Héliotrope, maison solaire tournante, construite en 1994, joue avec la course du soleil.

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Augustin Rebetez